{"id":16089,"date":"2021-09-20T07:52:00","date_gmt":"2021-09-20T07:52:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wordpress-573443-3036323.cloudwaysapps.com\/industrialiser-la-photo-de-produit-du-cliche-technique-au-format-creatif\/"},"modified":"2021-11-25T16:15:18","modified_gmt":"2021-11-25T16:15:18","slug":"industrialiser-la-photo-de-produit-du-cliche-technique-au-format-creatif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wordpress-573443-3036323.cloudwaysapps.com\/fr\/industrialiser-la-photo-de-produit-du-cliche-technique-au-format-creatif\/","title":{"rendered":"Industrialiser la photo de produit : du clich\u00e9 technique au format cr\u00e9atif"},"content":{"rendered":"<p>En 1995, non seulement <em>Toy Story <\/em>g\u00e9n\u00e8re 361\u00a0millions de dollars de recettes pour 30\u00a0millions d\u2019investissement, mais il est aussi le premier long-m\u00e9trage r\u00e9alis\u00e9 enti\u00e8rement avec des effets sp\u00e9ciaux num\u00e9riques. Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par Pixar,\u00a0 studio situ\u00e9 \u00e0 Emeryville, ville p\u00e9riurbaine anonyme qui donne sur la baie de San Francisco,\u00a0 \u00e0 la m\u00eame distance du centre de Oakland et de Treasure Island. Mais Pixar Animation Studios n\u2019est pas arriv\u00e9 \u00e0 <em>Toy Story<\/em> par hasard\u00a0: elle est \u00e0 l\u2019origine une division de Lucasfilm de George Lucas et ce n\u2019est qu\u2019en 1986 qu\u2019elle devient ind\u00e9pendante, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la contribution de John Lasseter. Et c\u2019est l\u00e0 que l\u2019histoire devient int\u00e9ressante\u00a0: Lasseter est un ancien animateur de Disney qui, \u00e9bloui par Tron et ne parvenant pas \u00e0 convaincre l\u2019entreprise de sauter le pas de la 3D, se rabat sur Lucasfilm et enfin sur Pixar. Mais, entretemps, Disney a compris qu\u2019une r\u00e9volution est en marche. La production artistique traditionnelle qui a cr\u00e9\u00e9 des chefs-d\u2019\u0153uvre tels que <em>Blanche-Neige<\/em> et <em>Pinocchio<\/em> risque d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9e par de nouvelles techniques num\u00e9riques et surtout incapable de satisfaire la nouvelle demande du march\u00e9. C\u2019est ainsi que Disney commence patiemment \u00e0 courtiser Lasseter, aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme un Walt Disney des temps modernes. Ce dernier r\u00e9siste et riposte avec une offre all\u00e9chante\u00a0: \u00ab\u00a0Collaborons ensemble, mais en impliquant Pixar.\u00a0\u00bb Disney accepte et le premier des nombreux longs-m\u00e9trages qui marqueront l\u2019histoire de ce partenariat s\u2019appelle\u2026 <em>Toy Story<\/em>.<\/p>\n<p><em>En 2006, The Walt Disney Company acquiert Pixar pour 7,4 miliards de dollars.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019histoire de Disney et Pixar est embl\u00e9matique pour tous les secteurs qui connaissent une transition num\u00e9rique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 une industrie mature, qui a fait de la cr\u00e9ativit\u00e9 artistique un \u00e9l\u00e9ment phare de son succ\u00e8s, et de l\u2019autre une nouvelle d\u00e9clinaison industrielle \u00e9mergente qui s\u2019appuie sur les technologies pour repousser les fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Comme l\u2019a relev\u00e9 Hyphen, c\u2019est ce qui arrive aujourd\u2019hui dans la communication visuelle relative au produit. Il y a 10\u00a0ans, une collection de pr\u00eat-\u00e0-porter \u00e9tait compos\u00e9e de 500 pi\u00e8ces, dont 50 \u00e9taient photographi\u00e9es\u00a0: de nos jours, 100 \u00e0 150\u00a0000 clich\u00e9s sont demand\u00e9s, avec la qualit\u00e9 de la cinquantaine d\u2019images d\u2019autrefois. Si l\u2019on consid\u00e8re que les photos \u00e9taient surtout utilis\u00e9es pour les catalogues et une communication essentielle, on peut comprendre que c\u2019est la communication de la marque qui pr\u00e9valait sur celle relative \u00e0 chaque produit et ses variations de tissu et de coloris.<\/p>\n<p>L\u2019e-commerce a contribu\u00e9 \u00e0 faire na\u00eetre de nouvelles exigences, que ce soit chez les consommateurs ou dans le B2B.<\/p>\n<p>Les photos \u00e0 basse r\u00e9solution sur fond blanc ne suffisent plus, contrairement \u00e0 ce qui se faisait il y a seulement cinq ou six ans. Aujourd\u2019hui, il faut des images \u00e0 haute r\u00e9solution de l\u2019ensemble de la collection, pour chaque saison, dans des temps tr\u00e8s courts et pour un co\u00fbt raisonnable. Par ailleurs, nous sommes pass\u00e9s de deux saisons \u00e0 trois et, si l\u2019on se positionne sous l\u2019angle de la <em>fast fashion<\/em>, il n\u2019y a aucune p\u00e9riode de r\u00e9pit. C\u2019est le showroom digital qui a v\u00e9ritablement chang\u00e9 les r\u00e8gles du r\u00e9cit autour du produit\u00a0: une grande maison parvient \u00e0 g\u00e9rer plus de 70\u00a0000 photos par saison.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout cela nous oblige \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 de nouvelles strat\u00e9gies et \u00e0 industrialiser les processus\u00a0\u00bb, explique Andrea Turazza, DG de Hyphen. \u00ab\u00a0Chaque secteur de l\u2019entreprise est impliqu\u00e9, du marketing aux responsables produit. L\u2019essentiel est d\u2019allier qualit\u00e9 et productivit\u00e9\u00a0\u00bb. \u00c0 cet \u00e9gard, tous les photographes n\u2019ont pas exploit\u00e9 le potentiel de cette transition. John Lasseter de Pixar doit avoir v\u00e9cu une exp\u00e9rience semblable lorsqu\u2019il dialoguait avec les cr\u00e9atifs chez Disney. \u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui il existe deux types de photographes. Celui qui veut une belle photo et en prend donc trois magnifiques qui ne fonctionnent pas ensemble. Et celui qui a tout compris et devient un \u00e9l\u00e9ment de la fili\u00e8re de production\u00a0\u00bb. En se concentrant seulement sur le r\u00e9sultat cr\u00e9atif, et en mettant le reste au second plan, la productivit\u00e9 diminue d\u2019un tiers par rapport \u00e0 ce que l\u2019on observe avec la plateforme de solutions Hyphen.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons cr\u00e9\u00e9 un set, des modalit\u00e9s op\u00e9rationnelles et des outils pour maintenir une qualit\u00e9 cr\u00e9ative photographique inchang\u00e9e, mais avec un raisonnement ax\u00e9 sur l\u2019optimisation\u00a0\u00bb, ajoute Andrea Turazza. \u00ab\u00a0Nous parlons de liste de shooting d\u00e8s la console, de codes produit, de prise de vue avec type de photo par cat\u00e9gorie de produit et canal de r\u00e9ception, de tableaux de bord pour la chronologie de l\u2019avancement des travaux, etc.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, le principe est celui de g\u00e9rer un processus de production en conjuguant exigences de production de l\u2019industrie et exigences cr\u00e9atives de la marque. La cl\u00e9 de vo\u00fbte est le format. \u00ab\u00a0Si un client veut la lumi\u00e8re du soleil \u00e0 midi dans un lieu sp\u00e9cifique pour les photos, il y a deux options\u00a0: je me rends sur place ou bien je cr\u00e9e un format qui reproduit cette situation\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Andrea Turazza. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas pareil de raisonner par photo et par format\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Shooting View<\/h2>\n<p>Shooting View est un outil qui permet, pour chaque cat\u00e9gorie de produit, de d\u00e9finir les images n\u00e9cessaires pendant tout le cycle de vie d\u2019un produit\u00a0: de sa conception \u00e0 son retrait. Il agit surtout comme un outil d\u2019optimisation du projet car il permet d\u2019estimer les co\u00fbts et les d\u00e9lais de production de tout le processus de production des contenus, et non seulement d\u2019une partie de celui-ci. Le contr\u00f4le revient de fait au d\u00e9cisionnaire. Production, qualit\u00e9, choix du traitement cr\u00e9atif et autres passages contribuent \u00e0 homog\u00e9n\u00e9iser le projet, limiter l\u2019activit\u00e9 de post-production, raccourcir les d\u00e9lais et bien entendu baisser les co\u00fbts.<\/p>\n<p>Pensons par exemple \u00e0 la gestion des \u00e9l\u00e9ments chromatiques, qui, lors de la post-production, sont bien plus complexes \u00e0 mener \u00e0 bien que les interventions sur les formes. Gr\u00e2ce \u00e0 Shooting View, le travail repose sur des profils et arri\u00e8re-plans d\u00e9finis \u00e0 la phase de conception\u00a0; la post-production ne s\u2019occupe que des \u00e9l\u00e9ments discr\u00e9tionnaires et non techniques. \u00ab\u00a0R\u00e9sultat\u00a0: la qualit\u00e9 moyenne augmente et une partie du temps gagn\u00e9 sur les processus plus r\u00e9p\u00e9titifs peut \u00eatre consacr\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9\u00a0\u00bb, souligne Andrea Turazza. \u00ab\u00a0Lorsqu\u2019on fait les prises de vue, les d\u00e9partements style, informatique, produit et marketing sont oblig\u00e9s de se parler. Avec l\u2019approche compartiment\u00e9e, chacun subit souvent la d\u00e9cision de l\u2019autre\u00a0\u00bb. Le projet d\u00e9finit et contr\u00f4le les comp\u00e9tences\u00a0: la hi\u00e9rarchie s\u2019att\u00e9nue et la confrontation d\u00e9cline, un compromis sur la voie de l\u2019excellence productive.<\/p>\n<p>Outre l\u2019organisation en silos, une approche syst\u00e9mique<\/p>\n<p>Dans les entreprises complexes, on utilise souvent des silos organisationnels, c\u2019est-\u00e0-dire des d\u00e9partements verticaux distincts par comp\u00e9tence. L\u2019une de leurs limites est qu\u2019ils tendent \u00e0 raisonner d\u2019un point de vue particulier plut\u00f4t que global. Et ainsi, dans le cas de processus en cascades, c\u2019est comme si les d\u00e9partements r\u00e9pliquaient les relations entre clients et fournisseurs alors qu\u2019ils appartiennent \u00e0 la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 commerciale (!). Les effets collat\u00e9raux sur la flexibilit\u00e9, les co\u00fbts et les d\u00e9lais sont d\u00e9vastateurs. Il suffit d\u2019un grain de sable dans l\u2019engrenage pour ralentir la r\u00e9alisation des objectifs. Sans compter le jeu des responsabilit\u00e9s qui dissimule les points critiques apparus et complique l\u2019adoption d\u2019\u00e9ventuelles solutions.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela nous arrive de pr\u00e9senter nous-m\u00eames les coll\u00e8gues qui travaillent dans la m\u00eame entreprise. Notre efficacit\u00e9 repose sur la fili\u00e8re et non pas sur chaque besoin. Cela complique certainement la vie d\u2019un photographe, mais ces quelques secondes de plus pour lui se transforment en heures de gagn\u00e9es dans la fili\u00e8re\u00a0\u00bb, explique Andrea Turazza. Le service informatique est souvent comprim\u00e9 entre le service marketing et le service cr\u00e9atif alors que, dans cette transition, il est au c\u0153ur de la gestion des donn\u00e9es et des connexions entre les syst\u00e8mes.<\/p>\n<h2>Une r\u00e9volution souterraine<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Nous ne faisons rien de diff\u00e9rent ce que font d\u2019autres milieux comme la production et la logistique\u00a0\u00bb, conclut le directeur g\u00e9n\u00e9ral Andrea Turazza. \u00ab\u00a0Une fois les objectifs \u00e9tablis, nous nous fions \u00e0 l\u2019outil conceptuel et num\u00e9rique le plus efficace.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le format peut devenir un outil extr\u00eamement puissant entre les mains d\u2019un photographe dot\u00e9 d\u2019une grande capacit\u00e9 de vision. Le directeur cr\u00e9atif continuera \u00e0 d\u00e9finir l\u2019arc narratif d\u2019une entreprise, mais les fl\u00e8ches seront toujours d\u00e9coch\u00e9es par le directeur artistique et la personne qui s\u2019occupe des photos. Ce n\u2019est plus un travail de <em>capture<\/em> de quelque chose, mais de progression vers un but\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1995, non seulement Toy Story g\u00e9n\u00e8re 361\u00a0millions de dollars de recettes pour 30\u00a0millions d\u2019investissement, mais il est aussi le premier long-m\u00e9trage r\u00e9alis\u00e9 enti\u00e8rement avec des effets sp\u00e9ciaux num\u00e9riques. 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